Comment sont calculées les charges d'un auto-entrepreneur ?
Contrairement à un salarié, un auto-entrepreneur ne paie pas ses cotisations sociales sur un salaire net, mais sur son chiffre d'affaires encaissé — c'est-à-dire l'argent réellement reçu de ses clients, pas celui simplement facturé. Chaque mois ou trimestre, vous déclarez ce montant à l'URSSAF, qui applique un taux fixe selon votre activité : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, et 25,6 % (ou 23,2 % pour les professions CIPAV) pour les activités libérales.
Ce taux global couvre plusieurs cotisations réunies en une seule ligne : l'assurance maladie-maternité, la retraite de base, la retraite complémentaire, les allocations familiales, la CSG-CRDS et l'invalidité-décès. S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), généralement entre 0,1 % et 0,3 % selon l'activité, et éventuellement le versement libératoire de l'impôt sur le revenu si vous avez choisi cette option.
Les nouveaux entrepreneurs peuvent bénéficier de l'ACRE, une exonération partielle applicable pendant les 4 premiers trimestres civils d'activité : 50 % de réduction pour toute immatriculation avant le 1er juillet 2026, et 25 % pour celles réalisées après cette date, suite à la réforme votée fin 2025.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre BIC et BNC ?
Le BIC (bénéfices industriels et commerciaux) concerne les activités de vente, d'artisanat et de prestations de services commerciales. Le BNC (bénéfices non commerciaux) concerne les professions libérales : conseil, formation, développement, création... Cette distinction détermine à la fois votre taux de cotisation et votre plafond de chiffre d'affaires.
Comment savoir dans quelle catégorie je suis ?
C'est indiqué sur votre extrait d'immatriculation (avis de situation INSEE), à travers votre code APE. En cas de doute, le champ de recherche par métier de ce calculateur vous oriente automatiquement vers la bonne catégorie selon votre activité déclarée.
Le versement libératoire, est-ce intéressant pour moi ?
Le versement libératoire permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, à un taux fixe. Il est avantageux si votre foyer fiscal est déjà imposé à une tranche marginale supérieure à ce taux fixe — dans le cas contraire, l'imposition classique (barème progressif) est souvent plus favorable. Un simulateur fiscal complet permet de comparer les deux dans votre situation précise.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond du régime micro ?
Un dépassement ponctuel n'est pas grave : vous ne basculez vers un autre régime que si votre CA dépasse le plafond majoré pendant deux années civiles consécutives. Le calculateur de seuils de ce site vous permet de suivre précisément votre position par rapport à ce plafond en cours d'année.
Dois-je déclarer mon CA même s'il est nul ?
Oui, la déclaration est obligatoire à chaque échéance (mensuelle ou trimestrielle selon votre choix), même en l'absence totale de chiffre d'affaires. L'absence de déclaration peut entraîner une pénalité, contrairement à une déclaration à zéro qui n'entraîne aucun frais.
L'ACRE réduit-elle aussi la CFP et le versement libératoire ?
Non. L'ACRE ne s'applique qu'aux cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales). La contribution à la formation professionnelle et le versement libératoire de l'impôt restent dus au taux plein, sans réduction, quelle que soit votre situation vis-à-vis de l'ACRE.